Le sommeil : un facteur essentiel à notre bonne santé

Docteur Remi Lombard, médecin du sommeil
Docteur Rémi Lombard, médecin du sommeil à la Polyclinique Vauban

Le 13 mars a lieu la journée mondiale du sommeil. À cette occasion, rencontre avec le Dr R. Lombard, médecin du sommeil à la Polyclinique Vauban.

Quel est le premier motif de consultation de vos patients ?

La fatigue !

Mais qu’est ce que la fatigue ?

La fatigue correspond à un épuisement progressif des performances intellectuelles ou physiques. Elle est souvent associée à une charge de travail importante et s’améliore généralement par le repos. La fatigue seule peut être le signe d’un besoin de changer d’activité, de prendre soin de soi.

À la différence de la somnolence diurne excessive qui correspond à une diminution des capacités de maintien d’éveil. Cela entraîne des épisodes de besoins irrépressibles de dormir ou des accès de somnolence. La somnolence s’améliore généralement par le sommeil.

Ces symptômes sont ils normaux ?

Ils sont répandus en tout cas, 30% des français souffrent de troubles du sommeil. L’INSERM rapporte que les Français dorment 1h30 de moins qu’il y a 50 ans, pour une moyenne de 7h13.

Le manque de sommeil n’est pas anodin, il est à l’origine d’un temps de réaction motrice allongée. Près d’un tiers des accidents mortels sur la route sont liés à des problèmes de somnolence. Il est donc urgent de consulter en cas de somnolence au volant ! Au quotidien, il peut entraîner une irritabilité et quand cela perdure, il favorise la dépression.

Le manque de sommeil occasionne des difficultés d’apprentissage et trouble de mémoire, il favorise la prise de poids par les déséquilibres hormonaux qu’il induit et il diminue notre immunité face aux infections. Le manque de sommeil chronique constitue même un facteur de risque de maladie cardiovasculaire et de diabète.

Que faut il faire quand on se sent fatigué ?

Il est préférable de commencer par s’intéresser à soi, à ses habitudes de sommeil :

  • Garder un lever tous les matins à la même heure
  • Se coucher lorsque l’on se sent somnolent (et pas avant)
  • Éviter de consommer des excitants (café, thé, cola et chocolat noir) 8 à 10 heures avant le coucher
  • Ne pas s’exposer à la lumière trop vive des écrans (ordinateur, téléphone et tablette) dans les 2 heures qui précédent le coucher
  • Réserver la chambre au sommeil (ou aux activités de couples). Il vaut mieux éviter d’y lire trop longtemps et il est souhaitable de ne surtout pas y regarder la télévision ou y écouter de la musique
  • S’exposer à la lumière du jour la journée
  • Observer des conditions optimales de sommeil dans la chambre (une température de 18°, un environnement silencieux, sans lumière visible, une literie récente et sans animaux domestiques)
  • L’alcool peut donner la fausse impression de détendre et de favoriser le sommeil, mais ils perturbent le sommeil pour le rendre moins réparateur. De plus, il peut être à l’origine de réveils précoces avec des insomnies de seconde partie de nuit
  • Pour les fumeurs, éviter de fumer avant de se coucher

Et si cela ne suffit pas ? Si on reste fatigué ?

Consultez votre médecin ! Il commencera probablement par réaliser une prise de sang pour vérifier que vous n’avez pas d’anémie (manque de globules rouges), d’infection, de carence en certaines vitamines ou de problème de thyroïde. Si tout est normal, il vous orientera vers un médecin pour mener des investigations complémentaires sur votre sommeil.

Que recherchera un médecin spécialiste des troubles du sommeil ?

Cela dépendra de la plainte : fatigue ou somnolence ? Et des symptômes qui l’accompagnent.

Dans les troubles du sommeil fréquents, on relève l’insomnie. Elle concerne 20% de la population et elle est sévère dans 9% des cas. L’insomnie se définie par des difficultés d’endormissement, des réveils fréquents et/ou des réveils plus précoces que l’horaire désiré. Elle s’accompagne de manifestations la journée : fatigue, mal être, troubles de l’attention, altération de la vie sociale, irritabilité, etc. L’insomnie se traite par la thérapie cognitivo-comportementale.

Quels sont les autres troubles du sommeil existants ?

Il sera également recherché un syndrome d’apnées obstructif du sommeil. C’est une maladie du sommeil fréquente qui touche 6% des femmes et 13% des hommes en âge adulte. Très souvent (mais pas toujours), le syndrome d’apnée du sommeil s’accompagne de ronflements, d’arrêts de la respiration, de fatigue, de somnolence, de maux de tête au réveil, de sueurs la nuit, de levers pour uriner, de cauchemars et de sommeil non réparateur. On le diagnostique en enregistrant le sommeil en polygraphie au domicile ou en polysomnographie, examen plus précis, en hospitalisation.

En cette période hivernale, il faut également mentionner le trouble affectif saisonnier correspondant à un moins bon moral lorsque la durée d’ensoleillement diminue (en général de l’automne au printemps). Il s’y associe une fatigue, une envie de dormir plus importante, une prise de poids, une augmentation de l’appétit (surtout pour le sucre) et une perte d’intérêt pour la vie sociale.

Selon vous, y a-t-il un traitement efficace pour passer une bonne nuit ?

Le traitement de référence, c’est la lumière ! Exposez-vous, sortez, bougez. C’est bon pour le sommeil, pour la forme, pour le moral et pour la santé !

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